Moi qui est servi le roi d’Angleterre de Bohumil HRABAL

21 janvier 2018 § 1 commentaire

: Bohumil Hrabal

Bohumil Hrabal en 1988 (© Hana Hamplová).

C’est l’histoire d’un garçon de café qui met en avant son plus haut fait d’arme, l’acmé de son existence : il a servi le roi d’Angleterre. Mais derrière cette vanité des « gens de peu », se cache un récit mordant et ironique qui, parfois à contre-cœur, déclenche de nombreux éclats de rires. Oui, ce rire honteux et tellement bon. Ce rire mêlé de culpabilité, car on ne peut quand même pas rire de ça. Et Hrabal est tellement bon « Lire la suite »

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Dans le jardin de l’ogre. par Leïla Slimani

27 décembre 2017 § Poster un commentaire

Saturne dévorant un de ses enfants

Francisco de Goya y Lucientes, Saturne dévorant un de ses enfants – 1821-1823 Peinture murale transférée sur toile, 146 x 83 cm – Madrid, Prado (©Wikimedia)

Je viens de finir Dans le jardin de l’ogre de Leïla Slimani. Que dire ? Une grande claque. Un style percutant qui rappelle parfois la Virginie Despentes du début. Des détails minuscules du quotidien « Lire la suite »

Vente à la criée du lot 49 de Thomas Pynchon

25 décembre 2017 § Poster un commentaire

Timbre norvégien

Timbre norvégien de 1 skilling, 1872 (©wikimédia).

C’est le second roman de l’auteur, publié aux États-Unis en 1966, mais il n’est traduit en France qu’en 1987. Avec seulement 210 pages, Vente à la criée du lot 49 est le plus court de Thomas Pynchon. L’intrigue est également simple. Ou plus exactement, elle apparaît simpliste. Que l’on en juge ! Une jeune femme, Œdipa Maas, âgée de 28 ans, reçoit, un jour, une notification l’informant qu’elle est l’exécutrice testamentaire de Pierce Inverarity, un ancien amant devenu richissime. Elle prend donc la route de San Narciso. Parmi les lots, figure un ensemble de faux timbres et Œdipa se lance dans une enquête pour comprendre l’intérêt de ces mystérieux timbres. Il lui faudra faire le lien entre un trafic d’os, une ancienne société postale, Thurn und Taxis,  un réseau occulte W.A.S.T.E., une pièce élisabéthaine et ses différentes éditions, sans compter le symbole d’un cor postal. Cette enquête sera l’occasion de rencontrer bien des personnages, parfois étonnants, parfois fantasques, parfois paumés.
Bienvenue dans un récit labyrinthique exquisement construit, fait pour perdre autant Œdipa que le lecteur. A ce sujet, il faut conserver toute son attention. Thomas Pynchon n’écrit pas au hasard. Chaque mot est savamment pesé avant d’être utilisé. Une faute d’attention et hop ! Perdu dans le labyrinthe.

Le grand bonheur de ce roman, c’est justement de suivre Œdipa, de se perdre avec elle, de trouver un chemin dans ce dédale, d’émettre des hypothèses, de se penser égaré, de croire que l’auteur se joue de nous, mais aussi de son héroïne, pauvre petite princesse perdue dans la grande ville. Et finalement, faire fi de ces pensées paranoïaques pour goûter le plaisir d’un grand roman, d’un univers complexe, d’une pensée jamais simpliste. On peut convoquer le Borges de Fictions pour cette impression délicate de se sentir le jouet du romancier. On peut simplement penser que Thomas Pynchon est un génie et qu’il convient avant tout de vite relire ce court roman, pour, peut-être, décider de s’attaquer à V., considéré comme son chef-d’œuvre.

Un excellent texte sur Vente à la criée du lot 49 de Thomas Pynchon se trouve sur ce blog.

Un après-midi d’été, Mrs. Œdipa Maas rentra d’une réunion Tupperware où l’hôtesse avait peut-être mis trop de kirsch dans sa fondue pour découvrir qu’elle, Œdipa, venait d’être nommée exécuteur testamentaire, ou plutôt exécutrice, se dit-elle, d’un certain Pierce Inverarity, magnat californien de l’immobilier qui avait jadis perdu entre autres et d’un coup deux millions de dollars, mais qui laissait une succession suffisamment vaste et embrouillée pour que la mission de trier tout cela n’eût rien d’honoraire. Œdipa resta plantée au milieu du living-room, sous l’œil verdâtre et froid de la télévision, elle invoqua en vain le nom du Seigneur, et essaya de se sentir aussi soûle que possible. Cela ne marcha pas.

Sur les falaises de marbre d’Ernst Jünger

18 décembre 2017 § Poster un commentaire

Portaraits d'Ernst Jünger

Ernst Jünger en uniforme arborant ses médailles et distinctions militaires de la Première Guerre mondiale. (1921 ou 1922) ©wikimédia

En 1939, Ernst Jünger, ancien combattant unanimement reconnu après la publication de son récit de guerre et bestseller, Orages d’acier, publie un conte, un récit allégorique : Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen).

Le narrateur, ancien combattant qui désormais se consacre au savoir et à herboriser, vit paisiblement « Lire la suite »

Les hommes et la mer…

16 décembre 2017 § Poster un commentaire

Je reblog l’excellente note de BarbaraSoleil sur ce beau livre d’un spécialiste de la mer.

Lire dit-elle

L-homme-et-la-merLa grande fresque illustrée des relations entre l’homme et la mer. Entre peur, fascination et exploitation. C’est à une autre histoire des hommes que ce livre nous convie, une histoire rendant toute leur place à des civilisations qui avaient le goût du large. Des hommes qui, sans cartes ni GPS, partaient à l’aventure, mais dont l’épopée est aujourd’hui oubliée. Le lecteur sera emporté dans le sillage des Polynésiens à la conquête du Pacifique, sur les traces des nomades des mers de la Terre de Feu, du Japon et d’Indonésie. Il sera immergé dans l’imaginaire lié à la mer : peuplée de monstres dans certaines civilisations, elle est à l’inverse un jardin d’Eden pour d’autres. Dans ce livre richement illustré, Cyrille P. Coutansais nous fait voyager avec ces peuples des mers qui ont longtemps régné sur notre monde, et dévoile leur savoir-faire et mode de vie. Il nous montre aussi l’inexorable…

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